Art contemporain italien
Art contemporain italien
Peinture, sculpture et photographie
Commissaire : Luca Beatrice
4 décembre 2008 – 30 janvier 2009
La galerie Marlborough Monaco a le grand plaisir de présenter une exposition d’artistes italiens contemporains. L’exposition offre, autour de 9 artistes et près de 35 pièces, un aperçu de la scène italienne actuelle, un aperçu du bouillonnement créatif au travers de médias et de techniques variés.
Les artistes choisis, nés entre 1954 et 1974, font partie d’une succession de générations qui participe au nomadisme contemporain, caractéristique de notre ère de globalisation. Ces artistes, disciples pour la plupart de technologies sans cesse en évolution, sont des citoyens du monde maintenant une relation à leur territoire d’origine. Ils ne font pas partie d’un groupe ou d’un mouvement, la période des groupes s’étant depuis longtemps interrompue, mais se distinguent par leur qualité expressive et leur langage innovant.
Les photographes Olivo Barbieri et Giacomo Costa sont tous les deux de forts admirateurs du paysage urbain. Giacomo Costa (1970) témoin attentif de la ville, présente à l’aide des technologies 3D, l’image d’une ville fantastique, déserte et immense. Cette ville futuriste aux tons froids, sortie d’un récit de science fiction, est remplie de buildings gigantesques sans aucune présence de vie humaine et parfois, séparée en deux par un mur métaphysique ou naufragée sous l’eau.
C’est un autre point de vue de la ville, qu’offrent les photographies aériennes d’Olivo Barbieri (1954). Comme des maquettes architecturales construites minutieusement, les images de Barbieri montrent des villes photographiées depuis un hélicoptère avec une caméra utilisant un objectif à effet de bascule. Cette technique lui permet de jouer avec l’échelle et de donner un aspect étrange à des sites et villes mondialement connus (Las Vegas, Jordanie, Rome), présentés comme s’ils n’avaient jamais existé en réalité.
Chez Matteo Basilé (1974) c’est l’homme qui est au premier plan. Voulant briser le schéma établi de la représentation, Basilé construit comme un metteur en scène, des images exaltantes. Pour son projet « The Saints are coming », les personnages posent pour lui devant un décor avec une forte connotation historique. Leur posture théâtrale et leur regard pénétrant, les dotent d’une beauté surnaturelle. Et même quand c’est le paysage qui prédomine, il devient fascinant, plein de secrets inavoués.
Du côté de la sculpture, les artistes présentés se rassemblent autour de la recherche et de l’utilisation de matériaux peu habituels. Nicola Bolla (1963), nous invite à réfléchir sur un monde de paradoxe - un monde de contraste de la forme et du contenu - élément constant de son travail, présentant des sculptures éblouissantes aux cristaux Swarovski. Des objets de la vie quotidienne, des animaux mais également des objets emblématiques, sortent de leurs contextes habituels et acquièrent une dimension différente et une fonction nouvelle.
Maurizio Savini (1962) a choisi un matériau éphémère et fragile destiné à la consommation : le chewing-gum. Par sa couleur rose et sa texture gluante, le chewing-gum enrobe des sculptures en forme d’animaux, qui selon Savini, sont menacés d’extinction, « Destined for nothing ». C’est à travers ces animaux à la chair rose et aux regards vifs, qui quêtent notre regard, que Savini veut dénoncer la dérive écologique d’aujourd’hui.
La relation avec la nature est manifeste également dans le travail d’Aron Demetz (1972). Sa virtuosité technique lui permet de donner une vibration constante sur le bois et de créer des figures imposantes, des personnages extraits d’une narration qui portent en eux une vie secrète. Parfois l’utilisation de résine de pin accentue le lien avec la nature et vient envelopper l’œuvre pour la modifier à nouveau.
Chez les peintres exposés, différentes tendances se croisent. Luca Pignatelli (1962), nostalgique de la modernité, présente des peintures réalisées sur des bâches ferroviaires des années 30. Des locomotives figées dans la brume, des avions de guerre, des divinités grecques et des amphores hantent ses toiles grandioses. Pignatelli s’interroge depuis longtemps sur la mémoire et le passé dans ses créations intemporelles et poétiques.
Le plasticien Massimo Kaufmann (1963) présente des tableaux réalisés sur les traces laissées par des emballages en plastique. Sa peinture s’éloigne de l’intention narrative pour se concentrer sur la couleur et sur le plaisir esthétique. Un travail étonnant et riche en couleurs qui se prête à de nombreuses interprétations.
Enfin, Daniele Galliano (1961) propose une peinture dynamique, habitée par la tension. Des scènes de masses unies autour de croyances religieuses ou sociales aux personnages solitaires, Galliano montre avec beaucoup de réalisme différents aspects de l’humanité, d’une humanité bouleversante. La qualité picturale et la force qui en émanent réveillent irrémédiablement nos sens.
L’exposition a été proposée par le critique d’art Luca Beatrice, commissaire du pavillon italien à la 53e Biennale d’art contemporain de Venise en 2009, qui a rédigé spécialement pour l’exposition une préface accompagnant le catalogue.
Art contemporain italien | 4 décembre 2008 – 30 janvier 2009
